C’est une information qui s’est propagée comme une traînée de poudre ce jeudi 5 février 2026. Selon les révélations du magazine d’investigation La Lettre, le groupe Carrefour aurait entamé des démarches pour revendre certains des hypermarchés Cora, rachetés il y a à peine plus d’un an. La CFTC fait le point sur ce que l’on sait.

Ce que révèle l’enquête de La Lettre
Moins de deux ans après le rachat historique des enseignes du groupe Louis Delhaize, la stratégie de Carrefour semble prendre un tournant inattendu. Selon les informations publiées par La Lettre et relayées par des experts du secteur comme Olivier Dauvers :
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Des résultats financiers décevants : Sur les 60 hypermarchés ex-Cora intégrés, 49 seraient toujours dans le rouge. Une situation de déficit qui pèse lourdement sur la rentabilité du groupe.
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Une “dette technique” sous-estimée : Carrefour aurait découvert que l’état de certains magasins nécessitait des travaux de rénovation bien plus coûteux que prévu. L’enveloppe initiale de 250 millions d’euros prévue pour moderniser Cora et Match serait insuffisante.
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Des sondages auprès de la concurrence : Carrefour aurait déjà commencé à tâter le terrain auprès de ses concurrents (Intermarché, Leclerc, ou Coopérative U) pour connaître leur intérêt pour certains sites.
Pourquoi un tel revirement ?
L’intégration des magasins Cora a été un défi colossal. Si l’enseigne a apporté une forte présence dans l’Est de la France, la transition vers le modèle Carrefour ne semble pas porter ses fruits aussi vite que prévu.
Plusieurs facteurs expliquent cette volonté de cession :
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La préservation des marges : Dans un contexte de guerre des prix acharnée, Carrefour ne peut pas se permettre de porter trop de magasins structurellement déficitaires.
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L’ombre de la location-gérance : Pour les magasins que Carrefour souhaiterait conserver sans en assumer les coûts directs, la menace d’un passage en location-gérance reste plus que jamais d’actualité.
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Les exigences de la concurrence : Rappelons qu’en mars 2025, l’Autorité de la Concurrence avait déjà imposé la cession de plusieurs points de vente pour valider le rachat. Cette nouvelle vague de reventes irait toutefois bien au-delà des obligations légales.
L’avis de la CFTC : « Pour la CFTC Cora, ces informations sont extrêmement préoccupantes mais malheureusement peu surprenantes. Nous avions alerté dès le départ sur les risques sociaux d’un tel rachat. Les salariés ne doivent pas être les variables d’ajustement d’une stratégie financière qui tâtonne. Que ce soit par une vente pure et simple ou par un passage en location-gérance, nous nous battrons pour que chaque emploi soit préservé et que les acquis sociaux ne soient pas bradés au repreneur. »
Quel impact pour vous ?
Pour l’instant, aucune liste officielle de magasins concernés n’a été communiquée par la direction de Carrefour. Cependant, le climat d’incertitude risque de peser sur les équipes.
La CFTC restera vigilante sur les points suivants :
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Le maintien de l’emploi : En cas de revente, l’article L. 1224-1 du Code du travail prévoit le transfert des contrats, mais nous serons attentifs aux garanties de maintien d’activité à long terme.
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La transparence de la direction : Nous exigeons que la direction communique clairement ses intentions lors des prochains CSE et CSEC.
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Les conditions de travail : Le manque d’investissement dans les magasins “en attente de vente” ne doit pas dégrader vos conditions de travail au quotidien.
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Vos élus et représentants CFTC sont à votre disposition pour échanger sur vos inquiétudes.