Les chariots de supermarchés vont disparaître : ils seront bientôt remplacés par…

En France, le caddie métallique vit sans doute ses dernières années, bousculé par un chariot connecté déjà en test chez Intermarché et E.Leclerc. Entre gain de temps, données personnelles et emplois menacés, ce nouvel outil ne fait pas l’unanimité.

EN BREF

  • Depuis 1963 et l’essor du caddie avec Carrefour jusqu’à la liquidation de Caddie en 2025, les supermarchés préparent l’arrivée massive du chariot connecté.
  • Intermarché Provins, E.Leclerc Antibes et d’autres enseignes testent des chariots intelligents dotés d’écran, caméras et paiement sans contact pour fluidifier le passage en caisse.
  • Entre budget mieux contrôlé, lutte accrue contre le vol et collecte massive de données, ce chariot connecté de supermarché pourrait transformer en profondeur vos courses.

Pendant plus de soixante ans, votre plein de courses suit le même scénario : vous attrapez un chariot métallique, vous le remplissez, vous faites la queue, vous payez. Ce décor familier arrive à un tournant. Dans plusieurs enseignes, le caddie laisse sa place à un chariot connecté de supermarché, truffé d’électronique, qui promet gain de temps et budget mieux maîtrisé.

En 1963, le premier hypermarché Carrefour popularise le caddie en France ; en 2025, la marque historique Caddie est liquidée, signe que le modèle s’essouffle, rappellent le média économique Economie Matin et le site d’actualité Melty. Drives, caisses automatiques, paiement sans contact ont suivi. Étape suivante, intégrer tout cela au chariot, avec une question : ce futur très connecté conviendra-t-il à tous les clients ?

Pourquoi le chariot connecté bouscule votre supermarché ?

Le caddie classique coûte cher aux enseignes : entretien, vols, temps passé à la caisse, main-d’œuvre pour encaisser les articles un par un. Dans un contexte d’inflation, chaque minute gagnée sur le parcours client compte. Le chariot connecté transforme ce maillon fragile en atout, en transférant une partie du contrôle vers l’acheteur et vers les logiciels qui surveillent le panier.

Pour des groupes comme Intermarché ou Carrefour, ces chariots servent aussi de capteurs. Le trajet dans les rayons, le temps passé devant un produit, la réaction à une promo, tout peut être enregistré et analysé dans le cadre du RGPD. Ces données aident à ajuster les prix, réorganiser les rayons, cibler les réductions.

Comment fonctionne un chariot connecté de supermarché ?

Vu de loin, un chariot intelligent ressemble à un caddie classique. La différence se voit sur la poignée : l’entreprise israélienne Shopic ajoute une tablette tactile, une scannette et deux caméras utilisant la “computer vision”, décrit le site technologique Presse-citron. Dès que vous posez un produit dans le panier, le système identifie marque, poids et prix, puis l’ajoute au ticket affiché en temps réel.

L’écran permet aussi de suivre ses dépenses, de voir les promotions appliquées, parfois la cagnotte de fidélité ou le Nutri-score. A Provins, en Seine-et-Marne, un Intermarché teste depuis 2024 ces chariots Shopic en partenariat avec Capgemini : en fin de parcours, le client se rend à une borne, récupère sa facture et paie par carte ou smartphone, sans vider le panier.

Où les chariots connectés sont testés et ce que ça change ?

Intermarché Provins est présenté par le groupe de distribution Les Mousquetaires comme le premier point de vente européen à expérimenter ce type de chariot connecté à grande échelle. Dans le sud, un supermarché E.Leclerc d’Antibes a déployé une quarantaine de chariots fournis par la start-up française Knap, relate la chaîne d’information BFMTV. Knap a d’ailleurs levé environ 3 M€ pour accélérer ce déploiement.

Selon ce média économique, ces tests devraient se multiplier d’ici 2025-2030, avec une cohabitation durable entre anciens caddies et modèles connectés. Pour vous, cela signifie des courses plus rapides, un total affiché en direct qui aide à tenir son budget, moins de files aux caisses. Pour les enseignes, cela implique aussi moins de caissiers classiques, plus de postes d’assistance, de maintenance et de gestion de données.

 

Source : Pleine Vie

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